Lorsqu’on est enfant et qu’on nous force à lire, nos premières envies sont de se diriger vers un livre qui nous fera voyager et rêver, histoire d’être un minimum concerné par les mots que nous allons devoir décrypter. Je me rappelle qu’en 6e, on nous avait forcé à lire un roman en français et que j’avais choisi l’Odyssée d’Homère. Si j’avais eu un peu de mal au début à comprendre le sens de toutes les phrases, force est de constater qu’au final, cela a été l’un de mes plus grands moments littéraire.

Bref, revenons à nous moutons. Harry Potter, la célèbre saga écrite et imaginée par J.K. Rowling a été en 2003 définit comme une oeuvre du diable par un des exorcistes en chef du Vatican. Cela a donc dû forcément jouer dans le fait que Grace Ann, une mère de famille américaine de confession chrétienne, ait décidé de réécrire entièrement les tomes de la saga du magicien à la cicatrice afin que l’histoire colle mieux aux valeurs de Dieu. Elle explique cette volonté :

Mes petits m’ont demandé s’ils pouvaient lire les livres Harry Potter. Et bien sûr, je suis contente qu’ils lisent. Mais je ne veux pas qu’ils se transforment en sorciers! Alors je me suis dit… pourquoi ne pas faire quelques légères modifications afin que ces livres deviennent tous publics ? Et ensuite j’ai pensé : pourquoi ne pas partager ceci avec toutes les mamans qui rencontrent le même problème ? Alors… ta-da ! Le voilà ! Je suis TELLEMENT excitée de partager ceci avec vous tous !

harry potter

Le premier tome s’appelle désormais « Harry Potter à l’Ecole des Prières et des Miracles » et on retrouve Dumbledore en tant que « révérend marié et hétérosexuel dont la fille est en réalité Hermione » mais aussi tous les autres personnages avec certaines caractéristiques bien différentes. On vous laisse découvrir la traduction française du premier chapitre réalisée par nos amis de Legeekcestchic. Savourez :

Il était une fois, un petit garçon nommé Harry Potter qui vivait sous les escaliers d’une maison de Privet Drive avec son oncle et sa tante. Il était gentil, obéissant et faisait toutes ses corvées mais il sentait que quelque chose manquait dans sa vie. Quelque chose de grand et de spécial mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Il restait éveillé toutes les nuits en y pensant. C’est alors, qu’un jour, quelqu’un frappa à sa porte et tout changea.

« Ouvre la porte, Harry » beugla sa tante Petunia, une femme carriériste, depuis son fauteuil sur lequel elle était assise les pieds en éventail. Elle avait de courts cheveux blonds bouclés et ne se maquillait jamais. Oncle Vernon, quant à lui, était occupé dans la cuisine et hocha timidement la tête en mettant ses brownies au chocolat au four.

« N’était-ce pas à elle de faire ça ? » pensa Harry ? Mais comme il était un jeune garçon très obéissant, il alla ouvrir la porte immédiatement. Il tourna la poignée métallique et ouvrit ainsi la lourde porte en bois.

Sur le porche, se tenait un homme aux allures de géant, à l’imposante musculature et doté d’une barbe très virile. Il était habillé d’une chemise rouge à carreaux, d’un jean et de solides bottes de cuir. Son torse était recouvert d’une épaisse toison de poils bruns emmêlés les uns aux autres. Il portait également un collier avec un pendentif qui parut être à Harry la lettre « T » en minuscule. En le regardant, Harry se senti heureux, en paix avec lui-même sans pouvoir en expliquer la raison !

« Bonjour gamin » salua amicalement le géant, tout en lui souriant. Il avait un visage détendu et chaleureux qui vous mettait tout de suite en confiance. « Je m’appelle Hagrid. Je pourrais parler à ta maman et à ton papa ? »

« Je n’ai ni maman, ni papa » répondit tristement Harry en regardant ses vieilles guenilles qui furent autrefois bleues. Peut-être était-ce d’ailleurs pour cette raison qu’il se sentait si seul, pensa-t-il une nouvelle fois. Peut-être qu’il manquait d’une maman et d’un papa… Non, ce n’était pas tout à fait vrai.

« Je suis si désolé d’entendre ça » répondit Hagrid plein d’empathie.

« Vous pouvez parler à ma tatie et mon oncle » rétorqua poliment Harry en clignant ses grands yeux bleus d’enfant.

« Que voulez-vous ? » glissa alors tante Petunia en jetant un œil par la porte avec ses petits yeux suspicieux. Elle était vêtue d’un pantalon de costume bouffant.

« Bonjour, voisine ! Je me demandais si vous aviez été sauvée » s’exclama Hagrid plein d’entrain en inclinant son chapeau de paille.

Tante Petunia laissa s’échapper un rire graveleux en se penchant en avant dans ses bottines de travail : « Sauvée ? Ne me dîtes pas que vous êtes l’un de ces chrétiens ? »

Harry ne savait pas ce que signifiait ce mot, mais le sourire d’Hagrid était le plus paisible qu’il n’ait jamais vu. Ce sourire éclatant sur le visage amical de cet inconnu apporta à Harry chaleur et bonheur si bien qu’il se sentit lumineux. Il se demanda pourquoi sa tante Petunia et son oncle Vernon ne souriaient pas de la même façon…

« Oui, je le suis » répondit gentiment Hagrid. « Et vous, l’êtes-vous ? »

Tante Petunia rit à nouveau en dirigeant son nez pointu vers le ciel. « Nous sommes trop intelligents pour ça. Avez-vous lu Dawkins ? Dieu est mort ! Dawkins l’a prouvé. Voulez-vous que nous vous apprenions ses théories ? »

« Qu’est-ce que c’est qu’un chrétien ? » demanda innocemment Harry en tapotant du pied le vieux tapis jauni qui n’avait pas été aspiré depuis un certain temps.

« Les chrétiens sont des personnes qui veulent être bonnes » répondit sagement Hagrid. Il s’accroupit pour être au niveau des yeux de Harry. « Nous voulons aller au Paradis après notre mort. Sais-tu ce qu’est le Paradis Harry ? »

Harry secoua la tête ; ses yeux bleus étaient grands ouverts et pleins de curiosité.

« Le paradis, c’est un endroit merveilleux dans lequel nous pouvons être avec Dieu. »

Tante Petunia claqua ses mains sur les oreilles du jeune Harry, et répondit d’une voix mielleuse : »Merci beaucoup de votre attention, Monsieur, mais il n’a pas besoin de votre religion, il a la science, le socialisme et les anniversaires. N’avez-vous jamais entendu parler de l’Évolution ? J’ai un très bon manuel d’éducation sur l’Évolution que je pourrais vous donner si vous voulez apprendre des choses. »

Hagrid rit alors sagement. « L’Évolution, c’est un conte de fée. Vous n’y croyez pas réellement, si ? »

« Bien sûr que si ! » s’écria tante Petunia.

« Bien, alors prouvez-le ! »

Tante Petunia ne put que fixer Hagrid, sa grande bouche ouverte bêtement. La voici, se pensant si intelligente, tellement pleine de savoir, elle qui demandait toujours aux chrétiens de lui donner la preuve de leur croyance, qui n’arrivait pas, elle non plus, à prouver sa propre croyance. C’est alors que Harry comprit qui était le plus intelligent des deux !

« Dîtes moi comment accéder au Paradis ! » implora tristement Harry en joignant ses mains. Parfois, la sagesse des plus jeunes est vraiment incroyable. Nous pensons, nous autres adultes, que nous savons tout sur tout et c’est alors que Dieu parle à travers la bouche des enfants, nous montrant que nous sommes tous des mortels luttant tout au long du chemin de la vie. Leçon d’humilité.

« Tout ce que tu as à faire, c’est être sauvé. Veux-tu être sauvé ? »

« Je le veux, je le veux ! » s’écria à nouveau Harry en sautillant sur place.

« Dans ce cas, prononce la prière du pêcheur ! »

Tante Petunia tenta de l’arrêter, mais elle était démunie face à la pureté, l’innocence et la sainte énergie de Harry. Au moment où il dit la prière, Hagrid sourit de toutes ses dents.

« Tu es un chrétien désormais Harry ! » s’émut Hagrid empli de fierté.

Harry sourit, puis s’interrogea : « Mais, comment agir en chrétien ? Je ne sais pas comment faire ! »

Hagrid sourit de plus belle : « Il n’y a qu’un seul lieu pour apprendre ça, l’Ecole des Prières et des Miracles de Poudlard ! »

Qu’en pense Dumbledore ?

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