Condamné à une peine de 150 ans d’emprisonnement, l’escroc le plus célèbre du XXIe siècle continue de sévir derrière les barreaux. Après avoir détourné des milliards de dollars, Bernard Madoff a fait main basse sur le marché du chocolat chaud dans sa prison.

di-caprio-money

« Oncle Bernie », voilà le petit surnom qui gratifie Bernard Madoff dans la prison fédérale de Butner, en Caroline du Nord, où il est enfermé. L’ex-homme d’affaires de 78 ans y purge depuis 2009 une peine de 150 ans de prison, pour avoir été à l’origine de la plus grosse pyramide de Ponzi de l’histoire. Au plus fort de son arnaque, environ 20 000 investisseurs faisaient partie de cette chaîne. Partie pour durer, l’escroquerie mise en place par Bernard Madoff a connu une fin aussi brutale qu’inattendue avec la crise des subprimes de 2008. En tout, ce sont plus de 64 milliards de dollars qui ont été détournés.

Mais derrière sa bonhomie et son caractère avenant, à l’origine de son surnom, « Oncle Bernie » n’a pas abandonné ses vieux démons. Ainsi, le journaliste américain Steve Fishman, qui suit Bernard Madoff dans le cadre de la série de documentaires audio Ponzi Supernova diffusée sur Audible, filiale d’Amazon, raconte que « Bernie fut un homme d’affaires brillant, avec sa propre vision du marché, et il continue d’utiliser son savoir-faire en prison ». Il confie qu’à «un moment, il [Bernard Madoff, ndlr] est parvenu à mettre la main sur le marché du chocolat chaud en prison, en rachetant tout le stock disponible, pour le revendre avec profit dans la cour de la promenade».

Star carcérale

Il faut dire que le bonhomme jouit d’une certaine réputation dans la prison de Butner. «C’est une star», raconte Steve Fishman dans une interview pour le site MarketWatch. «Il a volé plus d’argent que quiconque dans l’histoire, ce qui fait de lui un véritable héros aux yeux de ses codétenus». À tel point que ces derniers sont venus lui demander des conseils financiers, pour payer moins d’impôts par exemple.

Mais non content d’être la coqueluche des autres prisonniers, « Oncle Bernie » a su également s’attirer les faveurs de ses gardiens. En plus de profiter de menus avantages par rapport à ses camarades, il a réussi à obtenir un poste à la cafétéria. C’est d’ici qu’il a commencé son « petit trafic » en détournant (une fois de plus…) l’approvisionnement du chocolat en poudre Swiss Miss, servant à la préparation des chocolats chauds de la prison. «Si vous en vouliez, vous deviez aller voir Bernie», explique Steve Fishman. Décidément, les vieilles habitudes ont la vie dure.

Une erreur dans l'article ? Proposez-nous une correction