Samuel Coatrieux, ancien géomètre de 40 ans, est un fan absolu des œuvres de l’anglais J.R.R. Tolkien. Du Hobbit en passant par Le Silmarrilion et Le Seigneur des Anneaux, il connait une grande majorité des histoires contées dans les ouvrages de l’auteur décédé en 1973. Forcément, lorsqu’il a décidé d’ouvrir son épicerie fine dans sa petite commune bretonne de Morlaix, il n’a pu s’empêcher de faire allusion à ces histoires. Ainsi, les habitants pouvaient se rendre chaque jour au Comptoir de Bilbon, une boutique où l’on peut trouver épices, piments, rhums, charcuterie ibérique entre autres.

Bilbo, marque protégée

« Je suis un fan absolu de l’oeuvre de J.R.R. Tolkien, l’auteur du « Seigneur des anneaux » depuis que j’ai 8 ans. Tous mes amis me surnomment Bilbon (le hobbit). Le clin d’œil me paraissait de bonne guerre ! » explique-t-il au journal Le Télégramme. Problème : il y a peu, les défenseurs de la marque américaine Bilbo ont engagé des poursuites à l’encontre du morlaisien.

Mais que peuvent bien lui reprocher les américains ? « Les statuettes et autres photos qui décorent mon magasin font partie de ma collection personnelle. Le seul emprunt que je me suis autorisé concerne, en effet, le nom francisé du héros de Tolkien, pour mon enseigne et certains étiquetages » . En effet, sur certaines étiquettes, il est possible de retrouver une ombre faisant penser à Bilbo ainsi que le terme Hobbit. Mais, avant tout, Samuel Coatrieux a voulu faire les choses bien. Il a ainsi pris le soin d’inscrire plusieurs de ses produits auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi). « Et c’est probablement de là que viennent mes ennuis » commente-t-il.

© Le Télégramme

C’est la société de production américaine The Saul Zaentz Company qui a décidé d’attaquer le breton. « On m’y mettait en demeure de changer de nom, au vu de l’atteinte portée à la marque Bilbo. Les avocats ont très probablement surfé sur mon site web et vu ce qu’ils ont pris pour des produits de contrefaçon. C’est l’artillerie lourde qui me tombait dessus ! Et chez eux, pour tuer une petite araignée, on prend la Kalachnikov ! » explique-t-il.

Ils nous l’ont volé

Samuel Coatrieux est alors allé se renseigner auprès d’un avocat « Histoire de rappeler à la partie adverse qu’en trente ans de vie de fan absolu et d’achats en tous genres, j’ai certainement davantage rapporté à l’image du Seigneur des anneaux que l’inverse. Je leur ai toujours fait une sacrée pub ! Mon chien s’appelle Bilbon, mes chats sont baptisés Frodon et Azog (le profanateur), même mon fils Arthur et ma fille Emma portent Angmar (le royaume fictif du Seigneur des anneaux) et Eowyn (damoiselle protectrice du Rohan) comme deuxièmes prénoms. Si c’est ça, être opportuniste… « 

Malheureusement, après un mois d’échanges de courrier, l’homme a préféré se raviser devant l’impasse qui s’annonçait. Le Comptoir de Bilbon a donc laissé sa place au Comptoir de Samuel. « J’aurais effectivement pu utiliser l’abréviation de Sam (comme Samsaget Gamgie, le meilleur ami et compagnon de voyage de Frodon). Mais c’est déjà pris, et pas trop à l’image de ma clientèle » avoue-t-il. « Bilbon j’étais pour mes amis, Bilbon je resterai ! »

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